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Espagne-Maroc : Fuite en avant de la nouvelle gauche espagnole

L’Espagne voisine traverse une épreuve sans précédent depuis l’installation de la démocratie dans ce pays. La crise séparatiste en Catalogne surgit comme la pire des crises politiques sous l’ère de la constitution post-Franco, qui a des répercussions sociales et économiques, et qui aurait des répercussions en dehors de l’Espagne, dans l’espace européen, voire dans le monde.

Nous avions choisi de ne pas communiquer au sein de notre mouvement sur une position par rapport à cette crise eu égard du fait qu’elle soit une affaire interne à un Etat qui aspire à la gestion démocratique, tant au niveau central que régional, et que notre position de principe a été, est et sera la conservation de l’unité des Etats-nations et la préservation de leurs intégrités territoriales, et que le séparatisme dans ses formules actuelles n’est qu’une traduction de tendances bourgeoises et chauvines cherchant à abolir le principe de solidarité nationale.

Dans cette crise, nous suivions les positions de nos camarades de partis et mouvements de gauche en Espagne, qui étaient en général en harmonie avec notre vision des choses. Nous avons suivi notamment le plaidoyer de la représentante de Podemos au parlement local refusant la position séparatiste.

En même temps, le parti Podemos appelle à une marche à Madrid pour soutenir la thèse indépendantiste au Maroc le samedi 11 novembre.

Des logiques coloniales et une culture haineuse envers son voisin du Sud

Nous attendions de nos camarades dans ce parti de gauche qu’ils s’inscrivent davantage dans la défense de leur position refusant le séparatisme en Espagne au lieu de la fuite en avant. Nous attendions d’eux, eu égard des valeurs communes de la gauche, qu’ils nous soutiennent d’abord dans nos demandes pour la libération de Ceuta et Melilla et qu’ils se débarrassent de la logique impérialiste de la relation avec les «Moros». Nous attendions également le soutien de Podemos pour obtenir des excuses de l’Espagne pour la période d’occupation au nord et au sud du Maroc, surtout pour les crimes perpétrés, comme les gaz toxiques dans Rif et la répression de la résistance au Sahara.

Nous avons été déçus et il semble que Podemos, le parti de la gauche très radicale dans son pays, est toujours enfermé dans des logiques coloniales et une culture haineuse envers son voisin du Sud, malgré l’histoire et la géographie communes.

En tant que démocrates et femmes et hommes de gauche marocains, nous défendons les droits humains dans leur intégralité au Rif, au Sud oriental, au Sahara, dans toutes les régions du Maroc et dans le monde entier, quand nous soutenons des camarades de principe partout sur terre.

Il semblerait que Podemos, en construisant sa thèse politique de l’hégémonie, au sens noble de la gauche, n’ait pas fait attention au fait que l’hégémonie extérieure est une nostalgie de l’impérialisme qu’il prétend combattre. En outre, avec sa marche de solidarité avec le «peuple» du Sahara et les «victimes des atteintes» présumées du Maroc dans ses provinces du Sud, nous n’avions jamais eu écho de sa solidarité avec les habitants des camps de réfugiés vivant hors de l’Histoire sur le sol algérien. Nous n’avions jamais entendu sa solidarité avec les victimes d’oppression des oppositions par des régimes autoritaires qu’il connaît très bien !

Nous attendions également de nos camarades très progressistes qu’ils soutiennent notre thèse politique de créer un espace Nord-Ouest africain basé essentiellement sur l’autodétermination des régions dans le cadre d’une autonomie élargie, comme le défend Podemos dans l’espace européen et en Espagne

Nous n’acceptons les leçons de personne. Nous construisons un peuple et un Etat démocratique et nous combattons l’autoritarisme, l’impérialisme, l’ingérence extérieure et le néolibéralisme, avec des partenaires ayant des positions de principe. Nous n’acceptons aucune leçon de ceux qui essaient de fuir en avant, de dépasser leur crise par l’ingérence dans les affaires des autres sous prétextes «humanitaires». Combien de colonialismes ont été peints de couleurs «humanitaires» ?

Signé les militants du Mouvement Anfass Démocratique :

Aidda Lakhrif, coordinateur de la région du Sahara, Assa.
Mhand Ennajmaoui, coordinateur de la région Sud Oriental, Tinghir.
Aminatou Toubali, membre du conseil national, Laâyoune.
Othmane Boumaalif, membre du conseil national, Casablanca.
Hassan Azerkane, comité des relations extérieures, Al Hoceima.
Neima Fares, membre du conseil national, Casablanca.
Souhail Chentouf, membre du bureau national chargé des relations extérieures, Casablanca.
Nadia Fellah, coordinatrice de la région Nord, Tanger.
Mounir Bensalah, président, Casablanca.

Visiter le site de l’auteur: http://www.anfass.ma

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